Il y a environ trois ans, j'avais offert une peinture en soie à mon amie Jaldane, représentant une impératrice chinoise pour
son anniversaire. Sur le ton de la boutade, du moins, le croyais-je..., elle me dit qu'elle voudrait le couple, donc, qu'il fallait que je lui "fabrique" le mari, donc l'empereur. J'étais loin
d'imaginer le temps que j'y passerais !
Trois ans et quelques 200 heures de travail (peut être plus, mais au moins ça ! ) voici en quelques photos le résultat de mon
travail.
avant d'en arriver à la peinture, il a fallu élaborer le dessin, pris à partir d'une photo d'un livre sur la chine ancienne
dont raffole Jaldane, (et son inénarrable chat, Petrus, et son maître n'étant pas en reste... )
voici tout d'abord de quoi je suis partie :
De là, il a fallu tirer un dessin.
Donc, après quelques crises de nerfs et quelques heures de photoshop plus tard : (je sais, photoshop est une usine à gaz, et
j'aurais pu faire plus simple. mais bon. c'est fait ! )
Le dessin, c'est bien, mais comme vous pouvez le voir, c'est un peu fouillis... j'ai donc expurgé le graphisme, et j'ai pu en
tirer un "contour" plus facile à travailler.
On va passer quelques étapes, et en 8 photos, vous aurez le cheminement de la peinture elle-même, et enfin, le résultat final
après étuvage.
je dois préciser que si l'élaboration du dessin et le traçage de la gutta m'ont pris les presque trois ans (avec quelques
arrêts, je dois l'avouer), la peinture en elle même m'a pris un mois.
Cette dernière photo est celle prise après étuvage, c'est à dire cuisson de la soie à la vapeur pour fixer les
couleurs.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, lors de vos promenades dominicales, lorsqu'on a le temps de flâner et de
lever le nez en l'air, pour y regarder nos façades urbaines, on tombe parfois sur des noms de rues qui racontent une histoire…
Pour la mienne, je l'ai rebaptisé la "rue des travaux qui durent"… j'ai déjà eu l'occasion de vous parler du
village dans lequel je vis, celui dont je ne suis pas assez fière pour vous en donner le nom.
Inutile de penser dormir fenêtres ouvertes l'été, pourtant, on est au sud du sud du sud de la France, là où il
y a beaucoup de soleil et de beau temps. C'est sans doute la rançon à payer… dans ma rue des travaux qui durent, nous sommes envahis par le bruit au moins 300 jours par an…. Et cela, depuis que
j'y suis. Je ne sais pas comment c'était avant, mais depuis que je suis là, je le vis. Il y a eu les travaux de la rue, il fallait tout refaire, canalisations en tous genres, j'en ai déjà parlé
dans un autre chapitre, il y a eu notre toiture (pour une fois que c'était pour nous, je ne vais pas faire la difficile, mais ça a été encore 3 mois de sons et de poussières de tous
styles), ensuite, ça a été la maison d'à côté, celle dont on n'a laissé que les murs extérieurs… ça a été l'affaire d'un peu plus d'un an…. Puis maintenant, l'objet de mon ire, ce sont les
pompes funèbres dont la devanture est dans la rue adjacente à la mienne qui refait son carrelage. Enfin, je suppose que c'est le carrelage, mais vu le luxe de précautions qu'ils y mettent, le
carrelage doit être en marbre massif… pas étonnant pour des pompes funèbres ! La mort rapporte à ceux qui restent, c'est bien connu ! Bref, en attendant, plutôt que d'utiliser une bonne vieille
carrelette manuelle, celle dont on se sert comme une mini guillotine à céramique, - et qui ne fait pas de bruit - là, on utilise une disqueuse électrique, avec un bon vieux bruit de
crécelle amplifié à 500 % ce qui doit avoisiner les 120 décibels, soit à peu près le niveau sonore d'une alarme de bijouterie, ou d'un avion au décollage… cela, dès 8 h 30 du matin, ce qui vous
enlève toute velléité de grasse matinée, si toutefois, votre emploi du temps vous le permettait. Et, comme par miracle, ça s'arrête à 10 heures, (ça doit être l'heure du petit caoua du matin…)
pour reprendre vers 13 heures 30, pile poil pendant la sieste du petit dernier qui, je vous le rappelle, n'a pas pu dormir tout son soul la nuit d'avant à cause d'une rage de dent qui a tenu
éveillé tous les gens de ce foyer. !
Cette petite histoire dure, au jour d'aujourd'hui depuis près d'un mois et demi. Sachant que la pièce qu'ils
sont en train de refaire ne fait pas plus de 70 m² (c'est visible à l'œil nu de la rue puisque c'est une devanture de commerce), je me demande combien de carreaux posent ils à l'heure ? Sont-ils
payés au carreau posé, ou au temps passé ? J'opterais pour la deuxième solution, vu l'ardeur à l'ouvrage qu'ils y mettent. Pour donner la mesure de ce que je subodore, moi, carreleuse amatrice,
j'ai refait un petit bout chez moi de 5 m², il m'a fallu environ trois heures, sans expérience, nettoyage compris avant et après.
Le malheur de la pollution sonore qui m'est infligée à mon grand dam vient du fait que la devanture de
l'échoppe des pompes mortuaires possède une issue sur l'arrière du local, ce qui donne sur ma rue, à moi… je dois donc supporter vaille que vaille (sans mauvais jeu de mot) les cris du carrelage
que l'on torture, pour le mouler à la mesure de la pièce.
Mais quand auront-ils fini ? M'inviterons t'ils au cocktail d'inauguration qui ne manquera pas de suivre cet
évènement majeur de notre microcosme urbain qu'est la réfaction d'un sol foulé par des âmes en peine, auquel cocktail on ne manquera pas de servir un breuvage nommé "mort subite" ? Que faut
il que je fasse pour que cesse cette infâme incursion de discordance sonore dans mon espace fait de musique et d'harmonie ? Embaumeront-ils le carrelage en question, posé à grand renfort de
délicatesse ? Etant donné que je ne mettrai jamais les pieds dans cet endroit que je considère comme n'ayant pas sa place ici, et tant pis pour les esprits chagrins qui diront que je suis
intolérante, d'une part, ils n'auront qu'en partie raison (ou tort), et d'autre part, que les pompes, ça doit se poser à coté des cimetières, ce qui n'est pas le cas de celles-ci, et je crois
savoir pourquoi ça ne l'est pas. Nos chers ancêtres doivent reposer en paix, loin de toute nuisance urbaine, et ce n'est pas le bruit d'une disqueuse qui me contredira ! Donc, étant
donné ce qui a été dit plus haut, je maintiens que ce négoce de la mort n'a rien à faire au milieu des vivants, des gens qui aimeraient dormir et se réveiller en paix, et qui aspirent à
voir et à entendre ici-bas un avant goût de ce qui les attend après ... la proximité de cet endroit sinistre à qui on veut donner une image de faux paradis me donne la nausée. Et encore plus avec
le bruit qui me vrille les oreilles dès le matin…
Le jour où sera venu ma dernière heure, s'il vous plaît, arrangez vous pour que personne de mon entourage n'ait
à faire avec ces vautours chaussés à qui il faut du marbre neuf pour déplacer leurs pattes… et jetez moi à la mer !
Vous l'aurez compris, je hais les bruits stridents, les pompes funèbres, et les commerçants de la mort. Ils
sont nuisibles.
le zodiaque des mollusques... j'en avais assez de lire des absurdités dans les portraits de nos zodiaques, alors, j'ai crée mes propres délires... choisissez votre
portrait, et vous saurez de quel animal vous êtes le plus proche !!!!! (ou vice versa !)
POULPE : Il est enjôleur, espiègle, joueur et sacrément attachant. Si vous n'y prenez garde, il a vite fait de vous faire prisonnier dans ses
tentacules, et de vous y garder, bien au chaud...il vous manipulera comme son jouet jusqu'à ce que vous ne lui serviez plus à rien ! mais il est sympa !!!!
OURSIN : l'oursin est un personnage tout en rondeur, mais qui ne manque pas de piquant. S'il vous paraît avoir une carapace infranchissable, ne vous
y fiez pas, sa chair est tendre, même si il faut se donner un peu de mal pour vous assurer ses bonnes dispositions.
ANEMONE DE MER : c'est un signe fluctuant, qui suit les vents et les marées sans jamais s'assécher. L'anémone a le pied bien ancré sur terre et aime
le milieu aqueux, qu'elle suit comme son ombre. Elle sait malgré tout se défendre, et ne laisse pas n'importe qui s'approcher d'elle.
MEDUSE : elle est belle, mais fatale. Regardez- la de loin, admirez sa fluidité, et sa transparence. Ses déplacements sont ceux d'une danseuse
étoile, mais à trop vouloir s'approcher des étoiles... on peut s'y brûler tout entier !
HUITRE : elle peut être ronde, ou plate. Elle peut renfermer des trésors en son for intérieur. Mais si vous cherchez à la forcer, elle se fermera à
jamais sur vos espoirs... alors, patience, laissez la ouvrir son cœur d'elle même, vous ne serez pas déçu...c'est une perle dont la carapace est l'écrin !
NAUTILE : attention, c'est une espèce en voie de disparition ! il a beaucoup d'expérience, il est là depuis la nuit des temps et il a survécu à
presque tout ! sa carapace en est lourde ! mais il vous apprendra toujours quelque chose. C'est un vieux sage !
COUTEAU : non, il ne coupe pas. Son truc, à lui, est plutôt de faire l'autruche, en s'enfonçant dans le sable... mais c'est un brave, qui n'hésitera
pas à vous donner un coup de main en toutes circonstances, ne serait-ce que pour vous aider à ramener en surface l'ami qui s'enfonce...
PATELLE OU CHAPEAU CHINOIS : encore un qui a le pied bien ancré ! N'essayez pas de le décoller de là où il est, c'est un personnage stable. Il
résiste aux fluctuations du ressac, aux vents, au soleil, inutile d'essayer de l'enlever si il n'en éprouve pas le désir. C'est un fidèle, il revient toujours à son point d'ancrage si par hasard,
il s'en trouve éloigné.
PALOURDE : c'est une bonne matrone, bien solide, bien tranquille. Sa force réside dans ses formes généreuses. Elle est protectrice, rassurante, mais
ses mâchoires peuvent être redoutables, si vous tentez de contredire la brave Mama...il y a des fois, il faut se la farcir....
CALMAR : il n'a pas les pieds sur terre, mais sur la tête. Et il a mauvais caractère. Son arme secrète ? il n'hésitera pas à entacher votre jolie
tenue toute blanche si, d'hasard, vous souhaitiez le contredire. Peut être est-ce parce qu'il a toujours rêvé de porter de jolies chaussures noires, qu'il vous crachera son encre noire sans
aucune vergogne si vous lui faites remarquer qu'il sort.... Pied nu !
ASTERIE OU ETOILE DE MER : Une grande timide ! toute rouge, elle se met en boule si vous l'approchez de trop près. Et ne reprend sa jolie forme
étoilée qu'une fois assurée d'être à nouveau hors de votre portée. Reste qu'elle est bien jolie, la belle astérie. Mais attention, sa bouche centrale, si elle vous paraît pulpeuse, recèle une
dentition dont vous feriez bien de vous méfier !
SEICHE : De son vivant, elle pourrait vous paraître molle. Mais lorsqu'elle a quitté cette vallée de larmes, c'est pour y laisser une carapace
blanchâtre, légère, et crayeuse. C'est dire si la bête est rancunière, ne vous fiez pas à sa mollesse de façade... le mal que vous lui ferez de son vivant vous sera rendu sous forme de poussière
après son passage dans l'au-delà...lorsque vous croiserez le cadavre d'une seiche, dites vous qu'elle est morte d'avoir pleuré toutes les larmes de son corps...
On ne dirait pas, mais la France comporte encore des villes tendance soviétique au mieux de sa forme… J'ai
parfois l'impression de vivre dans une ville de ce type, tant l'atmosphère qui
règne dans cette cité où je vis maintenant depuis 6 ans a changé…
Quelques exemples. Ici, il faut sortir ses poubelles. Quoi d'anormal, me direz-vous, tout le monde doit sortir
ses poubelles ! Oui, vous répondrai-je, mais vous, vous pouvez les sortir à n'importe quelle heure du jour pour les mettre dans un container à ordures ou, encore mieux, vous devez trier vos
déchets afin d'économiser une planète qui en a déjà bien trop vu ! Ici, que nenni, ni tri, ni containers. Simplement des sacs que l'on nous distribue avec une carte dûment tamponnée, timbrée, et
signée par un fonctionnaire de la mairie, après avoir montré patte blanche (difficile, quand on nage dans les ordures…) en précisant son nom, son adresse, la composition de la famille, si il y a
des animaux domestiques à la maison. Armé de votre laisser passer, vous devez donc aller à la distribution de sacs, le premier mardi de chaque mois, ou le lendemain si le premier mardi tarde à
montrer son nez sur le calendrier légal en vigueur dans notre pays (jusqu'à présent, nous utilisons encore le bon vieux calendrier grégorien, mais jusqu'à quand ??? ) je disais donc, on a la
bonté de nous distribuer 30 sacs poubelle de 50 litres chacun, transparents, écologiques puisque fait à partir de je-ne-sais-pas-quoi de maïs et dont émane une odeur qui vous
prend à la gorge, mais on s'habitue ! ces sacs sont dispensés gratuitement, à la nuance que de toute façon, on les retrouve sous forme de taxe dans nos impôts locaux, et quelle taxe ! (+ 16
% cette année). Je sais que l'écologie, ça se paye, mais quand même ! Inutile de vous dire donc, que, puisque je paye, je prends ! enfin, quand je dis prendre, si je me rate un mois, pas de
rattrapage possible ! il faut faire avec ce qu'on a !
Bon. On a nos sacs, on a nos ordures, on ne trie pas… on peut donc procéder à la collecte. Les sacs distribués
doivent être exclusivement utilisés sous peine de ne pas être ramassés. C'est dit dans le courrier qui a été distribué aux administrés, mais il semble que notre cher super-maire, oh, pardon : je
voulais dire sénateur-maire ait renoncé à la stricte application de sa missive, n'ayant sans doute pas pensé que certaines personnes travaillaient loin de leur domicile, et ne pouvaient pas être
présents à la distribution mensuelle qui se fait entre 7 h00 et 11 h 30 du matin… il y en a toujours qui échappent au système !!!!
Ensuite, on doit mettre son sac poubelle devant sa maison, -je suis parano, mais ne serait-ce pas pour
espionner nos poubelles et les livrer aux instituts de sondages en tous genres qui adorent savoir ce que nous consommons ?- (ce que personne ne fait par habitude, puisqu'avant, on les descendait
au container dans le bas de la rue), avant le passage du camion, en fait une petite benne municipale qui n'a rien à voir avec le gros camion des éboueurs et qui compacte bien tous les résidus de
notre société ultra consommatrice, et qui passe trois fois par jour. (eh oui, on est gâtés ! ) le matin, on a le droit exclusivement (encore, on aime l'exclusivité, ici !) de mettre nos
déchets avant 8 heures, le midi entre 12 et 13h30 heures, et le soir, entre 19 et 20 heures 30. Autant dire que vous avez intérêt à avoir une montre à l'heure ! j'ai vu parfois les employés de
l'administration municipale faire du zèle et passer à … 20 heures 33 mn…. Dans ce cas, notre sur-gé... euh, notre super-maire (SM pour les intimes) sévit, et lance sur les pas de l'éventuel
contrevenant aux heures la super-brigade tout aussi municipale chargée de punir sévèrement tout individu qui manquera au règlement. Mais l'administré est malin ! si il a quelque retard de
pose de déchets, il part le plus tranquillement du monde en sifflotant, l'air de se promener, en ayant laissé la marque de son passage, ou, tout simplement de bonne foi, il a une montre en retard
ou n'en porte pas… ce que n'a pas encore prévu le règlement de la commune…
Alors, les fonctionnaires zélés de la super-brigade, procèdent sur place à l'ouverture du colis suspect, à
savoir le sac poubelle transparent et puant le résidus de maïs plus les déchets personnels, et le fouillent pour y trouver une marque du nom du coupable, soit sur une enveloppe, ou sur tout autre
indice permettant de retracer le suspect…et si ils trouvent le fameux indice, ils dressent amende, qui aux dernières nouvelles était de catégorie 2, soit environ 30 € (je dis environ, ça augmente
tout le temps, ces trucs là ). Ça fait cher du sac, et surtout pour des déchets ! En ce qui me concerne, j'ai la solution, et j'invite tous mes concitoyens à faire de même, en guise de résistance
passive : passez vos enveloppes et tout ce qui pourrait vous identifier au broyeur. Un petit investissement en regard d'un concept démocratique majeur : le respect des libertés
individuelles…
Voilà pour les déchets.
Passons au stationnement dans la ville : ici aussi, il me semble qu'on ne tient compte que de la réalité des
plus aisés, je veux dire en l'occurrence, ceux qui possèdent des garages, ou en louent un, faute de le posséder. Le reste des places disponibles dans le cœur de la ville (qui n'est pas une ville
piétonne, précisons le) est en zone bleue. Le maire a tenu à ce qu'il en soit ainsi, parce qu'il met à la disposition des administrés, et les autres, deux parkings souterrains gratuits (à
l'en croire, tout est gratuit, ici…) à la différence près que si cette solution est très valable pendant la journée, les deux parkings gratuits ferment leur porte à 20 ou 21 heures selon qu'on
soit en semaine ou en week end, et qu'on ne peut pas laisser sa voiture dans le parking, sous peine (encore) d'une amende… (et là, impossible de passer sa plaque minéralogique au broyeur !) ce
qui fait que, pour trouver une place libre dans le village à partir de 18 heures, et même avant, c'est tout simplement une gageure. Il faut simplement rappeler à l'intention de ceux qui
penseraient que je suis de mauvaise foi (et qui n'ont pas tout à fait tort), que tout le monde ne se lève pas à 8 heures pour retirer son véhicule de la place bleue et tourner en rond pendant ½
heure (au mieux) en engendrant de la pollution pour attendre que celui qui doit prendre sa voiture dans ces heures là, daigne sortir de la place de parking qu'il a squatté toute la
nuit ! Que fait on alors des gens qui travaillent tard le soir, de nuit, ou qui ne travaillent pas dans la journée, voire pas du tout ? si on voulait transformer cette ville en cité
dortoir, on ne s'y prendrait pas mieux…
Voila pour le stationnement. J'en viens maintenant à un troisième point qui me parait extrêmement important, à
savoir le confort des administrés.
A grands renforts de publicité, de réunions publiques suivies d'apéritifs au frais de la municipalité
(c'est-à-dire nous) vantant les bienfaits de vivre dans notre ville, on a procédé à la réfaction à peu près totale du centre ville. On y a repensé les sens de circulation, les trottoirs, les
terrasses de cafés, les revêtements du sol, les bancs publics, les réverbères, et bien sûr, les canalisations souterraines, puisque cela était obligatoire dans toute la France, et que partout,
des travaux ont eu lieu, pour sécuriser les réseaux en tous genre, gaz, électricité, téléphone, câble, et pendant qu'on y est, fibre optique (en option… ).
Dans la rue où j'habite, une petite venelle comme il y en a partout dans le village, où ne peut passer qu'une
voiture, qui ne peut même pas s'arrêter sous peine de bloquer tout le reste de la circulation, les travaux ont duré plus d'un an. La rue mesure environ 40 mètres, sur peut être 2m 50, j'avoue ne
pas avoir pris mon double décimètre pour la mesurer…c'est pour vous donner l'ampleur du sujet !
A la vue, le résultat est joli. Sans plus. Je dirais que le village y a perdu toute son âme de village
provençal, on a mis du marbre partout, de l'aménagement urbain en métal aux lignes design mais qui n'ont plus rien à voir avec l'authenticité de ce type de village, des réverbères qui éclairent
trop fort, et surtout qui ne permettent plus de voir un ciel étoilé les belles nuits d'été, des éclairages au sol qui éclairent le ciel… à quoi ça sert ? et "the last but not least" : des pavés…
des pavés tellement dangereux que tous les petits vieux du coin s'y cassent un jour la figure, plus ou moins gravement, s'y tordent les pieds déjà bien abimés par les ans, et je ne parle pas des
vélos, motos, scooters qui glissent immanquablement sur les caniveaux en marbres placés au milieu de la chaussée, avec à l'entrée de certaines rues (dont la mienne) un "gendarme couché" tellement
haut qu'on croirait qu'il est debout !
J'ai "ramassé" il y a trois mois un monsieur qui faisait du vélo, un "rouleur" d'un âge respectable (environ 70
ans, qui a dit que les papys n'étaient pas sportifs ? ) qui a eu besoin de 20 points de suture au crâne par le seul fait qu'il est passé par-dessus son engin à cause de la hauteur du gendarme
couché en question. C'était ça, ou la glissade assurée en passant dans le caniveau. J'ai eu de ses nouvelles récemment, il a porté plainte…et il n'est pas le seul !
Je crois que j'ai oublié de vous dire qu'à la suite des travaux, la note de la taxe foncière à quintuplé sur ma
facture…
Je ne suis en aucun cas contre le progrès et la modernisation. Je trouve celle-ci nécessaire, lorsqu'elle est
bien pensée, et faite avec les administrés, et non imposée à coups de réunion pour dire ce qu'on va faire en ayant déjà décidé que de toute façon, d'accord ou pas, ce sera fait quand même. Il en
va comme ceci pour cette ville : une équipe municipale qui agit avec ostentation et suffisance. Je n'ose pas vous parler des commerces de centre ville qui ferment les uns après les autres pour laisser place à des agences bancaires ou
immobilières, de l'opposition quasi inexistante à la mairie actuelle, il suffit de lire
le bulletin municipal pour s'en persuader (je n'adhère à aucun parti ) ladite opposition
ayant carrément laissé tombé lors de la dernière municipale, faute de chef suffisamment charismatique et capable…Cela a permis à ce maire de repasser en toute quiétude avec 69 % des voix… un
score quasi stalinien dans une ville soutenue par la majorité gouvernementale !
Mon but n'est pas de fustiger systématiquement ce qui se passe ici, mais de simplement en dénoncer les
dérives qui ne profitent qu'à quelques uns au détriment du plus grand nombre. J'aurais encore beaucoup de choses à dire, je devrais créer un espace pour que des gens comme moi s'expriment sur un
blog ouvert. Mais ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis parano et que je me soigne, mais sans doute pas suffisamment pour aller au devant des ennuis que j'encourrais si je laissais
courir mes doigts comme ils le souhaiteraient, c'est-à-dire en toute liberté, sur le clavier…
Ce texte a été rédigé suite à une émission de
France Inter entendue le matin du 30 mars 2006, sur les chômeurs. comme j'avais envie de mêler mon grain de sel la dedans, je me suis précipitée sur mon pc, et voilà le résultat.
Bien entendu, ce texte n'engage que moi !
Cet article est paru dans un ouvrage collectif sorti le 15 mars 2007, aux "Editions de la
Lune".
la rédaction de ce bouquin a été dirigée par Jean Jacques Reboux, que je remercie parce qu'il m'a donné là la
première chance de sortir "par écrit"... c'est chouette, non ?
Je me présente : je suis le n° 04290403 G avec accessoirement, un nom.
Qu’on trouve quand même le moyen de noter sur les enveloppes parce que le facteur ne connaît pas bien cette facette de ma personnalité.
S’il il en savait plus long, le facteur, nul doute qu’il m’apporterait le
courrier de ma chère Agence plus rapidement, car, la plupart de temps, je reçois les convocations à caractère obligatoire, urgent, et extrêmement important le lendemain, ou le surlendemain,
voire, la semaine suivant de la date de la bataille ...
Et bien sûr, il m’est notifié dans la convocation que si j’y vais pas, je vais
être radiée ... Mon dieu, quelle horreur ! radiée de quoi, au fait ? radiée de la liste des demandeurs d’emploi ? donc, considérée de facto comme ayant retrouvé un travail,
un taf, un job, un boulot, un esclavage, une occupation, une passion, bref... un truc où on est sensé gagner des sous pour en redonner une très grosse partie à l’Etat... et si je suis sage, on
m’en laissera peut-être un peu pour m’acheter un bonbon...
Quelle vie palpitante que celle du chercheur ...
Toute la journée à courir après le mouton à 5 pattes, l’emploi convoité ... bien
payé, près de chez soi, nourri, logé, blanchi, et payé à rien faire . Fonctionnaire, tiens ! c’est un bon taf, fonctionnaire ... toujours en grève, mais toujours payé . et toujours prêt à la
faire à la place des gens du privé qui ne peuvent pas, par peur des représailles patronesques et, par solidarité avec eux, bloquer la France entière, y compris l’administration qui nous intéresse
ici, et qui fait mon propos.
Puis après tout, moi aussi, je fais partie de l’administration ! ben oui,
puisque j’appartiens au corps de l’état ... en tant que chercheur ... je fais partie de la section la plus active du corps des inactifs, puis que je cherche, désespérément, un emploi
....
Alors on pense à nous ! on nous concocte de derrière les fauteuils en cuir
pleine peau des formes diverses et variées de contrats de toutes les teneurs, de toutes les couleurs, pour qu’on y voie que du feu... on nous dit : « signez là, on sait pas si on va
vous garder longtemps, ça dépend de vous ... », et encore d’autres petites manœuvres du genre ... on va vous fournir un stage, vous serez payé pour apprendre ... Génial, ça, être payé pour
apprendre, je voudrais faire ça toute ma vie... mais pour apprendre quoi ? un métier ? ça se saurait !
Ah oui... les stages... en quelques années de recherche, on m’a bien fait
comprendre que mon parcours s’avérait nettement insuffisant maintenant parce que les techniques avaient évolué, parce que au lieu de taper sur une bonne vieille mécanique de machine, on utilise
un traitement de texte, parce que on ne peut plus dire au téléphone : « ne quittez pas », mais plutôt « veuillez rester en ligne », parce que au lieu de recevoir des
notes de service au sein du dit service, on appuie sur un bouton de son pc pour lire son « mémo »... que ce n’est plus vous qui rédigez un courrier, mais que le pc peut faire ça pour
vous en interprétant les quatre notes que vous aurez prises en une symphonie concoctée par un système d’assemblage de paragraphes tout écrits à l’avance, et que ça vous donne un super salmigondis
de langage administratif auquel personne, (surtout pas vous) ne comprend mais ...
Donc, comme on pourra le constater, dans les stages, j’ai été, dans les stages,
j’ai donné, et dans les suites de stages, j’ai rien trouvé de plus . et encore, ça, c’était un stage AFPA....
Quand on me propose des choses du genre « apprendre à constituer votre
cv » votre « lettre de motivation » ... aaaaahhhhhh.... j’aime bien, ça, la lettre de motivation ... vous voulez que je vous explique ce que c’est, une lettre de
motivation ?????? alors on y va ! :
Lettre : ensemble de mots sensé(s) constituer un tout pour être lisible de
nos frères humains contemporains.
Motivation : quelque chose qu’on a envie de faire .
Lettre de motivation : ensemble de mots sensés expliquer à un potentiel
futur patron qu’on a envie de se dépenser sans compter pour qu’il mette plus de fric dans sa poche à la fin du mois. (autrement dit, je suis une entreprise de bienfaisance à moi toute
seule.)
Les opérations commando style stage de motivation, j’y suis passée aussi . ça se
passe comme ça . on est convoqué –que dis-je- sommé de venir à 8 heures pétantes dans un endroit le plus souvent situé dans une zone commerciale, artisanale, industrielle, bref, un endroit où il
ne se passe rien avant 10 heures, heure d’ouverture des magasins. Ensuite, vous poireautez sur le trottoir pendant une bonne demi-heure, en attendant que ceux qui sont du bon côté de la barrière
(au chaud, ou au frais, selon la saison) daignent vous ouvrir les portes après avoir siroté leur café, et s’être raconté le film de la veille au soir . puis, on vous introduit, les 15 que vous
êtes dans une pièce exiguë où il n’y a forcément que 10 chaises, donc, va falloir aller à la pêche aux chaises, et devoir se serrer. Bonjour la promiscuité. Puis on procède à l’appel, et ceci,
bien entendu après avoir cherché la feuille de présence qui a disparu comme par enchantement 10 minutes plus tôt, probablement à cause des courants d’air créés par nous autres, les demandants qui
n’ont rien demandé, et qui préfèreraient s’occuper de leur môme, ou faignasser sous la couette ou encore, réellement chercher du boulot... aller au charbon, quoi . quand on a retrouvé la feuille
de présence, il s’est bien passé 15 minutes en palabre dans l’équipe chargée de nous ... coacher/surveiller/exercer leur regard aguerri de psy de bazar/nous tenir à l’œil (biffer la mention
inutile)...Mais si, Michel, je t’assure, je l’avais posée sur ton bureau à cause de monsieur machin qui a téléphoné qu’il ne pourrait pas être présent ce matin ! lequel Michel n’a
jamais vu la feuille, mais bon, laissons tomber .
9 heures 25. un membre, qui paraît être le chef dit : bon, on va commencer,
n’est-ce pas ? en jetant sur nous le regard du fermier qui va ramasser les œufs de ses poules non encore atteintes par le syndrome de la grippe aviaire ...
(une petite précision avant de continuer. Les entreprises dans
lesquelles on envoie se former les 15 personnes sont des entreprises privées, émargées fort cher par l’état, et intervenant à titre privé sur nos petites personnes. On nous chouchoute,
hein ? )
et comme ça suffit pas, pour une quinzaine de larves comme nous qui matons le
type en question, les collègues, au nombre de trois, les bras croisés, le premier se tenant derrière celui qui cause, et les deux autres dans l’embrasure de la porte, restent là, des fois qu’on
aurait envie de se sauver tout de suite . ah j’oubliais . dans la pièce, les fenêtres peuvent :
- Etre démunies d’un système
d’ouverture,
ET/OU
- Etre munies de
barreaux.
Pourquoi ? on sait pas , mais ça sent quand même vachement de la prison,
notre truc ...
Le monsieur x se présente, (il porte un nom, lui) et un titre , et nous sort
quelques vérités très bonnes à asséner qui, en résumé, veulent insinuer que si nous nous trouvons ici, c’est de notre faute, puisqu’on a pas encore de boulot.
Dont acte.
Ensuite, il nous explique comment on va pouvoir se sortir du merdier où nous nous
sommes mis sciemment, soit en quittant notre bien aimé patron pour causes diverses, soit en ayant été licencié pour des raisons variées.
- entre temps, circule sur les
tables la feuille de présence qui a refait son apparition, et s’avère, une fois que le monde présent a signé, qu’il y a un blanc ENORME dans une case. On ne voit que ça. Affolé, l’agent
chef demande qui n’est pas présent, question à laquelle nous ne pouvons bien sûr pas répondre, puisque il y a une heure ½ on ne s’était encore jamais vus ... –
nous reprenons là le cours de notre sermon, on nous dit qu’il va falloir s’y
mettre, que le travail, ça se trouve pas sous le sabot d’un cheval (il est content de sa citation, en plus ...et nous sourit de l’air béat du type qui a tout compris de l’humour face au chômeur,
il a du obtenir une formation pour ça ...) et que, pendant trois semaines, il sera là avec son équipe pour répondre à toutes nos questions. Après, il passe le relais à son sous fifre, car il doit
aller suivre un stage.
Puis, il passe la parole à la dame de fer, qui se tient depuis le début de la
séance derrière lui sans un sourire, passant son temps à observer les réactions des uns et des autres, pour répondre par avance aux éventuelles questions qu’on aura pas pensé à poser. Ça doit
être « tempête sous un crâne de fonctionnaire » avec tout ce qu’elle a du emmagasiner dans les minutes qui précèdent, ils ont pas l’habitude, les pauvres ...
La dame nous explique comment va s’articuler le
« stage »...
1) phase de désintoxication du dodo, du café et des
clopes, (et autres assimilés),
2) phase d’auto critique,
3) phase de désintégration mentale nécessaire à entamer
la
4) phase, reconstruction de l’humanus besognus, et
promis, juré, quand on sortira de là, on sera des bêêêêêtes de travail... je devrais dire de somme...
Et, pour mettre en application son premier principe, elle regarde sa montre et
nous annonce qu’elle nous accorde 10 minutes de pause, et qu’on peut aller prendre un café.
Je vais pas vous la faire pendant le mois et demi, parce que quand j’ai vu
comment ça se passait, j’ai pris sur mon temps de pause et suis allée voir le chef de chantier pour lui expliquer que j’étais venue là de mon plein gré , et que je pensais pouvoir, au vu de ce
que j’avais entendu avant, pouvoir me débrouiller toute seule. Proche de l’apoplexie, il était ! on doit pas leur résister très souvent, à ceux là... pour lui, c’était comme si j’avais fait
une sortie d’hôpital contre avis médical...
Bien entendu, on m’a menacé de radiation, mais j’en ai rien à faire, puisque les
Assedic ne m’indemnisent pas ...
Ça, c’est pour les stages de tous poils proposé par
l’Agence...
Je ne voudrais pas dire qu’ils ne font que des choses négatives, à l’agence...
mais je reste perplexe quand même quant aux outils employés.
Le site Web, par exemple. Eh bien, en fait, il doit y en avoir deux . un pour les
agents, et l’autre pour les chercheurs d’emploi. Et vous pouvez y aller, ça ne donne JAMAIS les mêmes résultats... lorsque vous allez à l’agence, et que vous avez un entretien avec un prospecteur
(ils appellent ça comme ça.... ), il ou elle vous trouve au moins trois offres susceptibles de vous convenir, et qu’il faut appeler dans les plus brefs délais : et là, vous vous entendez
répondre qu’il faut envoyer un CV et une lettre de motivation MANUSCRITE avec photo. On aurait pu éviter la case appel téléphonique, surtout pour tomber sur une standardiste qui ne fait
qu’appliquer une consigne qu’on lui aura donné, et... si ça se trouve, c’est peut être elle qu’on veut remplacer ? Alors que, quand vous êtes chez vous, devant votre pc, jonché de miettes en
tous genres, de papiers de friandises vidés de leur contenu, de résidus de cendres et de taches de café ou de thé, l’ordinateur d’en face, il doit le voir, le bordel, c’est pas dieu
possible ! et là, soit le serveur est en phase de maintenance, repassez plus tard s’il vous plaît, soit ça marche mais aucune offre ne correspond à votre profil. Alors que ce matin, à
l’agence.... bon. Passons, et poussons l’hypothèse d’école que ça marche enfin. La définition du poste est là, devant vous : ça vous convient à peu près, pour une fois qu’on en trouve un, on
va pas faire la difficile !
Que faut il faire ? écrire ? téléphoner ? Pas d’adresse, même pas
le nom de la boîte. Juste un numéro de téléphone. Ça y est, on le tient . ça peut pas m’échapper, il est pour moi, celui là ! on décroche donc son téléphone, et qu’est-ce qu’on entend à
l’autre bout du fil ????????
-vous êtes en communication avec le répondeur de l’agence pour l’emploi de
Trifouilly sur Berancourt, nos bureaux sont actuellement fermés, veuillez rappeler pendant les heures d’ouverture, soit, du lundi au jeudi de 8 h 30 à 16 h, ou le vendredi matin de 8 h 30 à 12
heures. Merci de votre appel.
Et paf, une petite musique qui te dit c’est fini, et tut tut tut tut
.....
J’ai pas encore précisé que lorsque j’appelle, il est exactement 16 h 12. Ah ben
oui. Y a les 35 heures... encore une fois, je suis hors limite, et il faut donc que j’attende lundi pour rappeler et avoir le sésame . OK.
Sautons donc le week end où rien d’intéressant ne se passe. Pour nous autres,
chômeurs, le week end, c’est tous les jours. Du moins, les autres le croient.
Lundi matin, 8 h 15. j’ai affûté mon plus beau sourire devant mon téléphone (si,
si, ça se voit au téléphone, si vous souriez..., j’ai appris ça dans un « stage ») et à cette heure, ça répond ça :
- toutes les lignes de votre
correspondant sont occupées. Nous vous invitons à renouveler votre appel ultérieurement. Si vous désirez une information sur le suivi en cours de votre dossier Assedic, tapez 1. si vous ....
etc., etc...
et pendant ce temps là, la note de téléphone, elle, elle monte . vous avez eu
personne, vous n’avez pas votre info, y en a peut être 50 qui, comme vous se sont ratés vendredi dernier sur ce poste, et étaient dans les starting-blocks dès 7 h 45 ce matin, et qui ont saturé
le standard dés l’ouverture...
Et la, je vous ai gardé le pompon pour la fin !
C’est une règle que je tiens d’une prospectrice de l’Anpe avec qui j’avais de
bons contacts, et la dame m’a expliqué que quand ils recevaient une offre d’une entreprise, ils limitaient à 14 le nombre de personnes qu’ils envoyaient au front. C’était une histoire de gestion
des postes, pudiquement appelé comme ça pour que le recruteur ne croule pas sous les candidatures considérées comme peu sérieuses.
Là où le bât blesse, c’est que pour participer au casting, il faut quand même
passer les éliminatoires devant le prospecteur, et il n’y a pas de repêchage ! on est pas non plus à la Nouvelle Star ! donc, même si le 14ème est « limite », on
l’envoie lui, et vous, vous pouvez retourner dans vos paperasses et les tableaux de l’agence, et dire adieu au poste convoité ! il n’y a, dans ce système, même pas de possibilité de mettre
des candidats supplémentaires sur liste d’attente, donc, si aucun des 14 ne convient à l’entreprise, on reprend le cycle à zéro !
Que de perte de temps ! j’aimerais bien tenir entre mes mains le petit
scribouillard probablement sorti d’une grande école qui a mis au point ce système !
Quoi qu’il en soit, je n’en veux aucunement au personnel des Agences, ils sont,
tout comme nous, otages du système. Ils sont payés –et formés- pour un certain type de travail, et j’ai entendu à plusieurs reprises certains d’entre eux dire qu’ils ne pouvaient pas être à la
fois assistants sociaux, psy, punching-ball ou soupape de sûreté, et que la mission de service public qu’on leur confiait, il faisait du mieux d’eux même pour la remplir. De l’autre côté de la
barrière, il y a les profiteurs du système, ceux qui font qu’on paye les pots cassés pour eux pendant qu’ils s’enfuient avec la caisse, et nous autres, les gagnes petits du chômedu tous
azimuts... entre les deux, il y a des gens qui essaient de se démener, et qui, à leur petite échelle, font en sorte qu’on ait quand même un petit espoir quand on pousse la porte de l’agence, en
se disant : « c’est peut être la dernière fois que je viens traîner mes guêtres ici... »
J’avais besoin d’une table ronde. Pourquoi ? parce que j’habite un appartement de 65 m2, et qu’à ce prix là, on cherche à gagner de la place…
Alors je me rends dans le magasin de meubles en kit le plus proche de chez moi, il faut vous dire, que j’ai toujours adoré visser, assembler tenons et mortaises,…. Etant fille d’ébéniste, c’est
un peu normal. Puis j’adore le pin naturel…
Je me rends donc chez Ikflaï, seul magasin pouvant correspondre à mes prétentions financières, et à mon désir de faire moi-même ce qu’aurait fait un décorateur, ou marchand de meubles classique,
si j’en avais eu les moyens.
Faire soi-même, ça valorise son homme. Encore plus la femme… je recherche donc l’objet de mes rêves, hésite et rehésite sur son ersatz, puis finis par me décider sur un objet correspondant à peu
près à mon désir, une table ronde, avec deux rallonges pour le cas où j’inviterais…
Je vais vous expliquer quelque chose… une table rectangulaire, c’est bien dans un grand séjour. Ce n’est pas mon cas. Alors on passe son temps à se cogner dans les coins, et quand on invite, on a
vite fait d’avoir un pied (de la table) dans les jambes… ça rend le confort limite, pour ne pas dire insupportable… et comme les gens qu’on invite sont polis, ils ne disent rien, mais ils n’en
pensent pas moins…
Dans mon cas, la table est en rotin… en plus des désagréments cités plus haut, ça la rend instable. Son plateau est en verre, ce qui implique : vous faites vos carreaux tous les jours,
vous ? ben moi, oui, si je veux garder l’harmonie de l’ensemble, exit la nappe, et le bulgom… puis, si on fait tomber quelque chose dessus, on risque de casser le verre… bref, tous les
inconvénients, forme, fragilité, stabilité, bref, rien de plaisant , sans compter le chat qui bouffe les joints (en rotin également…)
En plus, vu l’exigüité de mon logement, ça sert aussi de table de travail. Alors quand l’un écrit, l’autre cherche à viser avec son stylo au bon endroit sur son propre texte, surtout s’il écrit
une lettre officielle. Bref, je veux une autre table, stable, qui ne bouge pas quand on est deux à s’asseoir autour.
Une fois l’objet commandé, - c’est encore le moins difficile, - il faut payer. Payer avant de voir. Un petit coup de Carte Bleue, un bon de livraison, et là, les difficultés commencent… une fois
qu’ils ont vendu leur truc, pour eux c’est fini… pour nous, ça commence… aller au dépôt, en voiture de préférence… ce n’est pas un truc qui pèse trois grammes ; bien entendu, même avec un
break, ça rentre pas dans le coffre… dans le meilleur des cas, y a une galerie. Mais pas les sangles pour attacher l’objet.
Eux, ils ont rien. Jamais rien. Sauf, peut être un camion de location mis à disposition moyennant quelques dizaines d’euros de plus… alors pourquoi se déplacer en voiture si ils livrent à
domicile ????? justement, pour les dizaines d’euros supplémentaires en cas de livraison…
Un aller et retour plus tard, je prends livraison de mon achat, sursanglé sur le toit de mon véhicule, prudente, le retour à mon domicile se passe sans encombre… enfin une satisfaction !
Là, faut dégager. Désangler, monter l’objet à l’étage, dans un vieil immeuble aux escaliers biscornus, puis, dans un troisième temps, débarrasser la pièce pour procéder au montage…
Oui. Le montage, c’est tout de suite, parce qu’on a hâte de voir ce que ça va donner chez soi… ça peut pas attendre le lendemain, non, c’est maintenant, on a assez attendu pour l’acheter, c’te
table !
Première chose : bien découper le gros carton d’emballage, en faisant gaffe de pas rayer le bois.
2) vérifier le mode de montage (notice) et les éléments présents dans le paquet.
3)les p’tites vis… et autres éléments de montage… compter…
ça y est, ça commence, il manque le n° 13 bis, et on sait pas encore à quoi il sert.
Bah. C’est peut être un objet pas utile, on peut commencer sans lui… on est tellement pressé de la voir debout, la table !
A genoux, sur le carton d’emballage, on étale tout, puis on s’aperçoit qu’on a pas le tournevis adéquat. Pourtant, sur la notice, ils ne le marquaient pas, qu’il fallait un cruciforme de
4 !
Même qu’ils fournissaient les clés alènes et qu’on avait besoin de rien d’autre, qu’y disaient…
Commence bien cette histoire… 3/4 d’heure après le déballage, (et je ne compte pas le temps pour désctotcher tout le carton), j’en étais toujours au même point. L’aurait pas fallu que
j’invite des potes pour le diner, on aurait pique niqué par terre… ! et je n’aurais pas eu le temps de préparer quoi que ce soit…
Alors la notice… on y vient. Y a des suédois qui sont doués en kit, mais on ne peut pas être bon partout. Alors, on fait appel au dessin ! au dessin en 3D, histoire de dire « on a bien
étudié la chose, on va vous la montrer toute faite ! ». sauf que le trois D, dans ce cas, c’est plus déstabilisant qu’utile. Vu qu’on vous montre l’objet dans une seule dimension, et
que c’est peut être pas la vôtre au moment où vous consultez la notice, ça peut tromper ! c’est là où vous vous retrouvez avec une vis, un écrou, un contre-écrou, un système complexe à
introduire dans le meuble qui va faire écrou bloquant (vous empêchant, au passage, toute possibilité de démonter le meuble en cas de déménagement…c’est du vécu ! ) et si vous vous trompez…
c’est tant pis, vient le temps de la perceuse…
Puis, vient aussi le temps de la vis manquante… alors là, "ya-pu-ka".
Coup de téléphone au magasin :
-allo ?
magasin Ikflaï de Tombouctou, veuillez patienter, une opératrice va vous répondre.
1 mn des 4 saisons de Vivaldi.
-Ikflaï de Tombouctou, bonjour !
-Je… je parle à une vraie personne, là ?
-Oui, bien sur ! Quelle est votre demande ?
J’explique qu’il manque un élément dans le kit qui m’empêche de monter ma table entièrement.
-Vous avez la référence de votre commande ?
-Oui : krûbertisk 129 htl56 k
-Une minute, madame, je vérifie sur mon ordinateur !
Re Vivaldi, avec un rab de 2 minutes… s’ils pouvaient au moins changer de mouvement !!!!
-Madame, vous êtes toujours en ligne ?
-Ben tiens, des fois que j’aurais raccroché…
-Oui, je vous écoute…
-Voilà, il faudrait nous rapporter votre produit dans l’emballage, et nous vous l’échangerons.
Un peu colère… dites moi, Mademoiselle, vous n’auriez pas tendance à vous foutre de moi ??? si je vous dis qu’il manque des éléments, c’est que j’ai déballé la table ! et qu’elle est à
moitié montée ! je vais pas recommencer l’opération pour vos beaux yeux, non, mais… ! ???
-Madame, c’est à vous de vérifier la présence de tous les éléments avant de commencer le montage… c’est écrit dans le contrat qu’on vous remet à la caisse !
Silence. J’allais pas me laisser démonter comme ça !
C’est vrai, faut toujours lire un contrat avant de signer. Mais moi, j’avais rien signé… sans doute l’employé qui m’a "dé"-livré le colis a du oublier…
-Désolée, Mademoiselle, on ne m’a remis qu’un bon de livraison à la caisse, en plus de ma preuve d’achat.
-Mais la personne qui vous a délivré le colis ne vous a pas demandé une signature ?
-Non… rien, j’avais assez de mal à arrimer ça sur mon toit,
Il a oublié, sans doute…
Au ton de l’hotesse, on sentait que le pauvre manutentionnaire risquait gros… dans ce genre de boîte, et en cette époque de menace de CPE, une erreur ne pardonne pas…
En attendant, ma table avait toujours tous ses pieds en l’air, et moi, j'aurais aimé retourner cette situation, et je ne m’en sortais pas.
Je demandais alors à parler au chef de rayon… pourquoi négocier avec les subalternes, alors que les chefs qui s’ennuyaient à ne rien faire de la journée étaient là pour ça ?
J’eus rapidement gain de cause compte tenu de ma motivation, et refusant d’admettre qu’un pauvre type qui ne faisait que son boulot paye de sa personne pour une erreur qu’il n’avait pas commise,
puisque ça venait de l’Usine ?
Extrait de l’entretien avec le chef…
-Monsieur, si j’ai acheté chez vous, c’est parce que j’ai confiance en vos produits ; ce n’est d’ailleurs pas la première fois !
-Madame, sachez que j’en suis ravi ! mais si vous avez fait appel à moi, je suppose que vous avez un problème !
-oui. Effectivement, mais je vois que l’on ne vous a pas mis au courant !
- c’est vrai, je vais donc essayer de vous aider, si vous m’expliquez votre problème…
alors, redéballage, du petit bout de kit qui manque, et qui empêche le montage de la table…
- on ne vous a pas proposé un échange ?
- oh que si… mais vous est-il arrivé de remballer un objet VOLUMINEUX, déjà à moitié monté avec tout ce que ça comporte comme inconvénient ?
- Mais je suis conscient de cela, Chère Madame, quoi qu'il en soit, vous auriez dû vérifier la cohérence de votre ensemble de montage !
Quoi qu’y m’raconte, l’Enarque ???? et pourquoi y manque une vis, dans son binz ???
-Cher Monsieur, avant d’ouvrir l’emballage, mon esprit n’eût pu poindre qu’il y manquât un élément !
- … !
éloquent, le silence… quelques secondes après, vint un « ne quittez pas, s’il vous plaît »… !
Il me plût de ne point quitter.
4 minutes plus tard de Vivaldi, (les 4 saisons, premier mouvement nommé "le Printemps")… une autre voix au téléphone, plus mâle, plus affermie, se fait entendre.
Ouf. Pas besoin de raconter une énième fois ma mésaventure !
- voilà ce que nous vous proposons : vous revenez au magasin, et nous vous fournissons GRATUITEMENT un nouveau kit de vissage pour que vous puissiez monter votre
produit ! Seulement, comme ces kits sont emballés dans notre usine, vous devrez attendre une semaine afin qu’il nous parvienne ! Nous faisons ça à titre commercial, afin de ne pas vous
laisser dans l’embarras, mais c’est ce que je peux vous proposer de mieux !
Arrrrrgggggghhhh, Put....ng ….. il est vraiment gonflé çui là ! me proposer un kit GRATUIT alors que j’ai déjà payé pour un machin inutilisable justement à cause de son kit PAYANT
incomplet, et il considère ça comme une faveur ??????
et en plus, c’est à moi de me déplacer, au magasin, ils peuvent pas me l’envoyer par la poste, leur kit ?
- désolée, Cher Monsieur, mais il me semble que la faute vous incombe, et qu’il serait normal que je n’ai pas à en souffrir … j’ai une contre proposition à vous faire :
-Chère Madame, je suis à votre écoute
-Vous avez bien un stock, n'est-ce pas ?
-Oui, sans doute....
-Oh, vous en doutez, ... travailleriez vous en flux tendu ?
-... nnnon, pas.... vraiment.....
-Alors, il existe bien dans votre magasin une AUTRE table de Même REFERENCE que celle que j'ai ACQUISE, NON??????
-Uuuuuuui, peutttttt-être, il faut que je vérifie....
-ALORS VERIFIEZ TOUT DE SUITE, SINON, LES ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS VONT S'OCCUPER DE VOUS !!!!!!!!!!
A cet instant, la moutarde était à mon nez ce que peut être un TGV dont les freins avaient lâché juste avant son entrée en gare…
Quelques mesures du même Antonio plus tard (toujours les mêmes), je retrouvai mon nouvel ami en ligne.
- je suis désolé, Chère Madame, mais nous n’avons plus cet article en stock, vous avez pris le dernier…
Commençait à me gonfler sérieux… le gonze… je me voyais déjà en Bernard Blier dans les Tontons Flingueurs… en train de le disperser…
Sans perdre toutefois tout de suite mon sang-froid, je lâchai mon avant dernière carte.
Ecoutez, vous n'avez plus la table en stock, soit. Je ne l'ai pas achetée en solde, donc vous continuez de vendre cet article, oui, ou non?
Ouuuuuiiiii ???
Alors vu qu'il vous reste cet article en exposition dans votre magasin, je souhaite que vous y préleviez l'objet portant le n°13 bis dans votre nomenclature de kit de montage
et que vous me la fassiez parvenir dans les 24 heures, sinon, c’est LES CONSOMMATEURS !
Bbbbbon, jjje vvais vvoir ce que je peux faire…
Je sentais déjà la victoire sur le p’tit con aux dents qui rayent le lino des magasins…
Encore quelques minutes d’Antonio, mais ma patience allait payer, c’était pas le moment de raccrocher… puis…
-Allo, Madame, voilà, je me suis renseigné… la vis 13 bis, elle ne sert à rien… vous pouvez continuer à monter cette table sans elle… on va vous confirmer ça par écrit, c’est une erreur de
notre usine, nous allons éditer un errata le plus rapidement possible. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour ce manquement ! et pour vous dédommager, nous vous offrons un chèque
de réduction de 10 euros sur votre prochain achat !
Je raccrochais le téléphone pour le redécrocher aussitôt…
- Allo, Pizza express ? vous pouvez me faire une mega pizza pour ce soir ? …
J'ai toujours été manuelle... mais là, je crois qu'après avoir tatonné un peu dans tous les genres, que j'ai vraiment trouvé ma
vocation....
il est vrai que ça faisait longtemps que ça me travaillait, de faire de la peinture sur soie... mais je renonçais, bêtement, je dois dire, par manque de place... en fait, je m'aperçois
aujourd'hui que quand on veut, on peut....
je tiens à remercier mon amie, ma soeur, Jaldane, pour m'avoir cédé si gentiment son matériel ... ce don m'a aidé à démarrer, et je suis en train de prendre maintenant mes véritables
marques...
j'ai donc commencé cette activité au mois de novembre 2006, et je tiens à dire qu'avant, je n'avais jamais touché de près ou de loin, ni à la peinture, ni à la soie.... voilà mes premiers
résultats...
Décembre 2006 :
Une envie de printemps qui sera bientôt là...
une terrasse provençale qui sent bon le farniente
Un village portugais qui sent bon le soleil...
et un village qui sent bon le sable chaud...
allons faire un tour dans les pays où se lève le soleil
encore un peu le sud, mais plus à l'ouest avec cette invitation
à la fraîcheur
La technique venant, j'ai commencé à passer aux choses sérieuses : les Fées...
Mélusiane, ma bonne fée à moi...
et encore Mélusiane, dans son costume d'automne
une jolie demoiselle qui sème ses fleurs au vent
et les colombes de la paix (on en aurait bien besoin) !
Le port de Calvi
Il m'arrive aussi, sur demande, de faire dans l'oriental, et j'y prends beaucoup de plaisir. ci-dessous, un coussin qui trône dans le cabinet de mon acupunctrice et qui lui sert à prendre les
pouls en médecine chinoise
Ici, une mousseline de soie qui a servi à cet oiseau à
trouver son bambou
un petit tour dans le désert...
et une impératrice qui restera dans ma mémoire pour longtemps, vu les heures que j'y ai passé, mais avec quel bonheur !
voici d'abord le travail préparatoire avant peinture :
puis la voici à la sortie de l'étuve :
Depuis, elle a été encadrée, et la voici enfin dans son
contexte final :
Pour changer, entre deux, et vu que l'hiver arrivait, j'ai "commis" quelques écharpes dont celle ci, qui représente une ondine :
et la mousseline
de soie est un tissu très agréable à porter, et bien chaud, malgré sa finesse !
puis d'autres techniques plus "rigolotes" permettent de faire ce genre d'écharpes :
j'ai passé une partie de mon été à réaliser cette variation d'une peinture de Mucha, peintre que j'apprécie beaucoup, et dont les graphismes se prêtent bien à la peinture sur
soie. Une façon de rendre hommage à ce grand peintre dont tout le monde connait une partie infime de son oeuvre...( l'affiche publicitaire des années 20 d'un grand champagne, ça ne vous dit
rien ?) En tous les cas, je vous invite à découvrir cet artiste exceptionnel !
Quelque chose de plus "naïf" dans le style mais pas si facile à faire que ça y paraît !
et mes derniers ouvrages qui ont fini en coussin sur un beau canapé rouge...
Voici pour l'instant les quelques réalisations que j'ai fait.
mon prochain tableau sera pour donner un époux à l'impératrice FuXi que vous avez pu voir plus haut... voici ce que je dois réaliser, je travaille d'après une photo...
Y a
du boulot !
Et avec votre appui, je vous montrerai au fur et à mesure les étapes de ce travail qui va sans doute m'emmener au delà de l'été à venir
!
Mardi 21 octobre 2008. Journal télévisé. On nous annonce que les banques
françaises vont bien. mais que... on leur réinjecte quelque chose comme 8 ou 9 milliards d'euros.
Question : si les banques vont si bien que ça, pourquoi l'état -déjà surendetté - leur injecte encore autant d'argent ? pour qu'elles aillent encore mieux ? l'Etat a le sens du sacrifice
pour aider son prochain, surtout quand le prochain est déja riche !!!!
Suprême consolation : les dirigeants ne pourront pas se "servir" des parachutes dorés... peut être qu'il seront seulement.... argentés ?????
FAUDRAIT QUAND MEME ARRETER DE NOUS PRENDRE POUR DES CONS !
Ah, vraiment, tu m'en veux pour quelques petites taches sur ta moquette ! quand même, me faire ça pour si peu, c'est vraiment petit !
que dis-je, c'est mesquin…
D'abord, tu me traumatises en m'emmenant dans une cage et après dans un drôle d'engin qui fait un bruit pas possible, et qui bouge tout
le temps, puis après, je me retrouve avec une drôle de dame avec qui tu as l'air de très bien t'entendre pour me faire un coup en vache ! ah, vous avez bien rigolé, toutes les deux ! vous m'avez
regardé comme si ce que vous alliez faire allait pas me plaire du tout …. Eh ben ça m'a pas PLU DU TOUT !
Non seulement tu m'abandonnes dans une cage, je n'ai plus de litière, plus de croquettes, ah oui, parce que en plus, ils ont oublié de
me donner à manger, la bas !!!! ils m'affament, en plus, non contents de me charcuter !!!! j'ai attendu pendant toute une nuit, une longue nuit, avec d'autres bestioles qu'on
vienne me chercher pour me ramener à la maison ! eh bien non ! on m'a emmené dans une pièce toute blanche, froide, on m'a rasé les poils du ventre ! oui, les poils du ventre, tu m'as bien
entendue !!!! puis après, on m'a badigeonné avec un produit brun qui n'est pas très bon… j'ai pas voulu me laisser faire, mais on m'a enfoncé une aiguille dans la patte, puis après, j'ai plus
rien vu ….
Et quand je me suis réveillée, j'avais un gros pansement sur le ventre, là où on m'avait rasée… mais qu'est-ce qu'on m'a fait ???
Inutile de te dire que quand tu es venue me chercher, même si je sentais bien que tu t'inquiétais pour moi, j'ai pas eu très envie de te
faire la fête !!! puis d'abord, j'ai décidé de bouder… j'ai pas fini ! ça, tu vas pas m'entendre pendant au moins… trois jours ! puis je mangerai pas, na ! et puis je me cacherai derrière les
canapés, tu as horreur de ça, parce qu'il faut que tu les déplaces pour venir me déloger de là… ah, tu as fait la gentille, celle qui se demandait comment j'allais prendre ça ! ben tu vas voir…
puis d'abord, avec ce pansement, pas moyen de faire une toilette normale ! puis ça me gratte, ce truc mais qu'est-ce que j'ai en dessous ? je vais bien finir
par en venir à bout, de ce bout de tissu qui colle et qui démange !
Alors j'ai léché, léché, et encore jusqu'à ce que j'arrive à faire une ouverture, et la, j'ai continué à lécher, j'en ai même mangé, du
tissu… j'arrivais pas à m'en dépêtrer, j'en avais plein les dents ! il a fallu que tu me le retires… mais pour ça, il a bien fallu que j'aille te voir ! ça m'arrangeait pas, ça… mais au moins, je
t'ai fait la tête pendant trois jours, et c'est ce que je m'étais promis… je crois que tu as quand même été inquiète… tu as même téléphoné pour savoir si on pouvait retirer le bout de tissu… et
comme on a dit que oui, tu as regardé bien attentivement ce qu'il y avait en dessous…
J'ai été malade, ou quoi ? je comprends pas, j'ai une fermeture éclair sur le ventre, maintenant ! et ça, je sais pas si je peux te le
pardonner… enfin, je vais essayer !
Remarques bien, on en est à "1 partout" avec cette histoire… toi, tu m'as fait la gueule pendant trois jours pour une histoire de pipi
mal placé, et moi, je te l'ai faite pour une cicatrice mal placée…
Je crois que c'est fini pour moi, la vie d'une vraie maman avec des bébés… d'après ce que m'ont dit les autres bêtes, la bas, on m'a
vraisemblablement ouvert le ventre, pour que je n'en aie pas, des bébés… moi, ça m'aurait amusé d'avoir un tas de petites boules de poil à qui j'aurais fait la toilette, que j'aurais accueilli en
mes seins (oui, j'en ai bien plus que deux, la la lère ! ) et avec qui j'aurais joué pour leur apprendre la vie ! mais ça, tu ne veux pas… tu n'aimes pas les bêtes ou quoi ? pourtant, toi, tu
joues avec moi, tu me nourris, et tu me câline ! alors pourquoi j'aurais pas le droit d'en faire autant avec des bébés à moi ? remarques, les copines, elles m'ont toutes dit aussi que les chats,
ils étaient pas très sympas, quand ils font des bébés au filles… alors, peut être que je n'ai rien raté d'exceptionnel ? je ne saurai jamais, alors, je vais reprendre le fil de ma vie, avec toi,
avec mon petit maître, qui, quand même, n'était même pas la quand je suis rentrée à la maison !!! d'ailleurs, sa chambre est super bien rangée, j'y retrouve même pas les petits coins où je me
faisais mon nid douillet…
Du coup, je sais plus très bien si je dois être contente ou pas, vu que je sais pas ce que je rate, mais on va continuer de se faire une
vie de chatte… enfin, de pachatte !
Et puis les questions existentielles, genre être ou ne pas être, après tout, je laisse ça aux humains… moi, ce qui
m'intéresse dans la vie, c'est manger, dormir, et me faire câliner ! ah oui, il parait que maintenant, je vais grossir et qu'il va falloir surveiller ma ligne ! si ça continue, elle serait
capable de me mettre au régime, en plus !
Je suis faite de noir et de blanc, de yin et de yang, de bien et de mal, de sourires et de rires, et de pleurs et de
chagrins... de joies et de peines, de vie et de mort...
Je suis l'infiniment petite cellule de ce grand tout qu'est l'Univers. Certains l'appellent Dieu, le cosmos, le grand
Architecte, dans le désordre... dans le chaos provoqué un jour par un incertain big bang, nous serions nés de cette immense explosion, et nous sommes la, aujourd'hui, pour se demander.... qui
suis-je, ou vais-je, (je vous éviterai « dans quel état j'erre »...)
Peut-être suis-je une étoile ? une boule de feu qui réchauffe nos cœurs... ou encore une flamme, qui fait brûler la
bougie de la vie, une lettre dans l'alphabet universel, un cœur dans un ensemble de cœurs... une voix, une voie, que sais-je encore ?
Ce que je sais, c'est que je suis vivante après des années de mort, je suis rêveuse après des années de cauchemars, je
suis guérie après des années de maladie.
Ma vie est un bonheur sursitaire de tous les instants... je ne veux plus rien laisser passer, plus rien rater, plus rien
perdre des immenses petits bonheurs qui font la vie...
Le temps s'égrène, s'agite, et nous nous agitons autour de lui dans un tourbillon propre à faire perdre tout sens de la
mesure... la mesure du temps... tic-tac sur la montre, l'horloge, la pendule de la vie qui distille ses secondes dans un rythme qui peut nous paraître, selon notre humeur, interminable, ou
effréné...
Mais je n'ai pas oublié que je suis. Que j'existe ! que je suis un chemin ! m'est il tracé ou non ?
puis-je en dévier ? puis-je suivre, à mon gré, les sentiers d'une école quelque peu buissonnière qui m'en apprendra toujours plus que ce que l'école des hommes ne pourraient
m'instruire ? seule l'école de la vie peut m'enseigner ! mais jamais elle ne me dira véritablement ce que je cherche ! j'ai toute ma vie pour le découvrir !
Et telle une course au trésor, j'ai toujours peur de ne pas avoir assez de temps pour trouver....
En somme, je suis peut-être une chercheuse de temps ??????
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