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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 19:12

Décidement, ce n'était pas le jour. Fallait pas l'emmerder, la boulangère. Déjà que son imbécile de mari avait oublié de se lever ce matin parce qu'il avait un peu trop abusé hier midi avec les autres commerçants de la rue, à préparer la fête des moissons, ça s'était fini au troquet, et de tournée générale en coup particulier, le boulanger avait laissé les mitrons se débrouiller de la préparation de la fournée, et ça n'était pas reluisant ce matin…. Alors si en plus, la boulangère devait sourire à tous ses clients, (et surtout à certains qui ne manquaient pas d'admirer ses belles miches ostensiblement), alors ça lui figeait le sourire en rictus menaçant à la boulangère… et dans ces moments là, elle avait envie d'envoyer tout le monde aller chercher ailleurs si elle y était.

Le pompon, ce fut Edmée Deleuil. La vieille garce avait envie de se payer une religieuse. Et ce matin, comme par hasard (et à cause des libations du boulanger) il n'y en avait pas. Et c'est que l'Edmée, quand elle avait envie d'un truc gourmand, elle insistait lourdement, jusqu'à ce qu'elle l'obtienne, quitte à réveiller le boulanger pendant sa sieste pour qu'il lui fasse le dit gateau… mais la boulangère ne l'entendait pas de cette oreille, ce matin. Elle essaya d'être aimable dans un premier temps, puis le ton monta, passa au menaçant, aux noms d'oiseaux, et se termina en pugilat entre les deux mégères. Les gâteaux fusèrent de toutes parts, et la boulangerie patisserie se fut trouvée repeinte en trois coups de cuillères au chocolat, café, et autres pralinés, crèmes au beurre et patissières. Les clients présents furent bons pour retourner sous la douche, et accessoirement au pressing. La maréchaussée fut appelée en renfort, et les deux femmes se retrouvèrent au poste, tandis que le boulanger, qui n'avait rien compris de ce qui se passait, se demandait bien pourquoi sa femme se retrouvait en cellule de dégrisement à sa place, alors que c'était lui qui avait bu…

Mais finalement, il se dit qu'il irait bien boire un coup, puisque sa femme ne pouvait pas l'en empêcher. Il décida donc qu'il allait divorcer, que depuis près de 20 ans qu'elle l'emmerdait tous les jours avec un emploi du temps qui lui allait de moins en moins, il en avait sa claque, et il allait partir au loin, dans les îles, pour profiter du fruit de son dur labeur.

La boulangère et Edmée Ledeuil, réunies dans une solidarité toute féminine envers les hommes qui-sont-tous-des-salauds eurent tout le loisir de se rendre ensemble au centre commercial voisin, pour y déguster les gâteaux industriels de la cafeteria, en fustigeant la gent masculine et sa faiblesse.

Ce fut ce moment que choisit un jeune kamikaze pour faire se faire sauter dans un attentat suicide terroriste. Les deux femmes moururent religieusement en train de déguster leur pâtisserie.

Morale de l'histoire : la gourmandise est un vilain défaut. La méchanceté aussi. Mais qu'est ce que ça fait du bien, l'une comme l'autre !

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Published by Melusiane - dans petites méchancetés
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 23:28

Edmée Deleuil se réveille, en sueur, avec un horrible goût de sang dans la bouche. Tout autour d'elle, c'est le chaos. Elle croit avoir fait un cauchemar, mais c'est pire. C'est vrai. Le chaos, à côté, c'est un parc d'attractions pour aficionados de la mitraillette. Là, son paysage autour d'elle, c'est béton éclaté, bouts de cervelles et de viande non identifiée, odeur pestilentielle de boue, d'excréments et d'usine de retraitement d'ordures ménagères qu'on aurait laissé à l'abandon. Le paysage n'a plus rien à voir avec le petit appartement étriqué, mais coquet qu'elle s'en était fait. Son deux pièces cuisine n'était plus que ruine, mais le pire, oui, le pire, c'est qu'il n'y avait plus de vue. Adieu le jardin luxuriant et la vue sur la piscine de la résidence. Tout ceci n'était plus que souvenir… Adieu les jolies pelouses bien vertes entretenues avec amour par le gardien jardinier… elle en aurait presque regretté le bruit de la tondeuse et du taille haie, et la vue sur la terrasse de la voisine d'en face… d'ailleurs, la voisine, elle doit être morte, et de toute façon, bien fait pour elle, Edmée ne pouvait pas voir cette petite emmerdeuse qui prenait des aises avec sa terrasse et son jardin… mais Edmée ne voyait plus la terrasse d'en face. Une monstrueuse explosion avait eu lieu dans la nuit, un missile perdu, mal tiré, venu d'on ne sait où, mais la bombe avait fait ce pourquoi elle avait été envoyée. Certes, elle avait épargné Edmée, mais la vieille carne ne pourrait plus sortir de chez elle, bloquée qu'elle était par les gravats qui s'élevaient tels une sorte de fort inviolable, lui laissant juste à peine un mètre carré pour se tourner.

Heureusement pour l'entourage, c'était un tout nouveau modèle de bombe qui n'atteignait que sa cible, sans faire aucun autre dégât autour.

Et quand je dis heureusement, c'est tant mieux, car la bombinette, c'est moi qui lui ai envoyé.

Elle n'avait qu'à pas regarder chez moi à longueur de journée. Y a une justice, tout de même !

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